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[5e1 et 5e4] A la découverte des châteaux de Loire

samedi 25 mars 2017 par Edouard Rousselet

Durant deux jours, les élèves de 5e1 et de 5e4 ont eu la chance de partir dans la superbe région du Val de Loire sur les traces des rois de France des XVe et XVIe siècles et de leurs demeures, les palais royaux.

Initialement installée dans cette région du fait de la Guerre de Cent Ans (qui a poussé la royauté à fuir Paris), les rois de France ont fait construire et rénover de très nombreux châteaux, usant et abusant de cet art royal qu’est l’architecture. Délaissant quelques peu notre gothique bien français et moyenâgeux pour un style venue tout droit d’Italie qualifié de renaissant.

Petit aperçu de ces deux journées de visite.

 

Le château d’Amboise

Demeure du roi Charles VIII qui y trouva tristement (et bêtement avouons-le) la mort à l’âge de 28 ans (pour savoir comment, n’hésitez pas à demander à votre enfant), le château d’Amboise n’est plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il était au temps de sa superbe. En effet, seule une petite partie de ce château a échappé à la ruine et a finalement été entretenue pour parvenir jusqu’à nous.

Plus tard, il fut aussi habité par le roi François Ier qui avait fait installer dans un manoir (manoir du Clou ajourd’hui appelé le Clos-Lucé) tout près d’Amboise le célèbre Léonard de Vinci venu faire ses vieux jours de ce côté-ci des Alpes. C’est à Amboise que l’artiste mourut et fut inhumé (dans la chapelle ci-dessous).

Plus tard, le château d’Amboise fut utilisé comme prison d’Etat par les gouvernements successifs, et notamment y fut emprisonné le célèbre émir Abd El-Kader, chef de file des opposans à la colonisation par la France de l’Afrique du Nord à partir au milieu du XIXe siècle. Suite à sa rédition, il dut séjourner en ces lieux avec sa suite et quelques uns de ses compagnons d’infortune. Cest Louis-Napoléon Bonaparte lui-même (alors qu’il était en passe de devenir l’empereur Napoléon III) vint libérer ce prisonnier de choix, lui permettant de finir sa vie dans cet Orient qu’il avait tant défendu.

Mais cette digréssion nous éloigne de nos considérations renaissantes, et surtout, de ce que nos chers élèves sont en train de faire... 

...et les voilà qui profitent des charmes du lieu pour se prendre en selfie et répondre aux consignes de Mme Bernard.

Petite pause déjeuner, tout de même bien méritée (mais rapide...)

 

Le château de Blois

Après cette pause, nous voilà reparti sur les routes pour continuer notre excursion sur les pas de la royauté française en découvrant le château du successeur de Charles VIII, le roi Louis XII qui épousa la veuve de ce dernier, Anne de Bretagne, qui fut par conséquent, deux fois reines de France.

... Mais avant de nous perdre dans les méandres dynastiques, arrêtons quelques secondes pour laisser place aux photos de groupes dans un cadre prévu à cet effet (mais pas sans doute prévu pour autant d’élèves surexcités pour apparaître sur la photo !).

 

 

 

 

D’autres n’ont pas eu le choix que de poser pour mon objectif (et ils en étaient ravis, j’en suis sûr !) D’autres ont plutôt oeuvré pour leur propre photo ! Mais revenons aux choses sérieuses et déjà, laissons-nous intimider par la statue de Louis XII qui surplombe la porte d’entrée dans la cour intérieure du château, et qui ne laisse plus aucun doute quant au propriétaire des lieux, tout comme l’indiquait son emblème royal : le porc-épic. L’impression passée... n’oublions pas de faire de nouveau de belles photos de groupes !

Après ces quelques minutes de relâchement, intéressons nous enfin à ce château qui n’a pas fini de nous faire tourner la tête dans les différentes époques de sa conception :

- une chapelle gothique flamboyante ;

- une aile renaissante construite sous François Ier avec son escalier d’apparat si typique de cette architecture tout droit venue d’Italie ;

- une aile d’architecture classique faite construire par le frère de Louis XIII en personne, le célèbre Gaston d’Orléans.

C’est dans cette même aile que les élèves ont eu le plaisir de découvrir un meurtre très célèbre au XVIe siècle, symptomatique des tensions grandissantes entre catholiques et protestants, le meurtre du duc de Guise, catholique ultra, commandité par... (je ne peux dévoiler le nom car seule l’enquête pouvait nous le révéler), perpétré par .... et probablement dans... En fait, rien ne sert que je m’éternise sur le sujet car le secret professionnel m’oblige d’en taire tous les détails (mais je ne pense pas que vos enfants soient soumis à ce même interdit... donc n’hésitez pas à en apprendre plus auprès d’eux !). L’enquête se déroulait sous la forme d’un cluedo où chaque élève à tour de rôle devait proposer une interprétation du crime en question, avant de procéder par élimination pour en découvrir les tenants et aboutissants. Puis, le château, et principalement sa partie renaissante, nous fut ouvert et nous en découvrîmes tous les charmes. Et ce fut l’occasion pour les élèves de se familiariser avec tous les visages de ces rois et reines qui ont façonné ce Val de Loire, en apprenant tous les liens complexes unissant ces simples hommes et femmes dans les méandres de l’Histoire. Louis XII François Ier (cousin et successeur de Louis XII) François Ier et son fils, successeur, Henri II. Les enfants (tous rois de France) de Henri II et de Catherine de Médicis, avec dans l’ordre des succession (et des visages représentés), le jeune François II (qui mourut très jeune), Charles IX, puis Henri III.

N’oublions pas Henri IV qui mis fin aux Guerres de Religions entre Catholiques et Protestants par l’édit de Nantes signé en 1598. N’oublions pas non plus les reines de France, et notamment ici, Marie de Médicis, seconde épouse d’Henri IV, avec son fils (oui oui, ce n’est pas une petite fille), le futur roi Louis XIII.

Quelques étrangetés également, et notamment ce tableau représentant une jeune fille atteinte d’une maladie rare, l’hirsutisme, qui entraîne l’apparition d’une pilosité anormale lui recouvrant le corps et le visage... Cette jeune fille, sujet de toutes les interrogations de l’époque fut logée au château de Blois.

Et deux Dauphins de France... ah non ! Il s’agit simplement de deux élèves répondant aux consignes de Mme Bernard qui se prennent en photo dans la grande salle de réception du château de Blois (rien que ça !)

Evidemment nous ne pouvons quitter les lieux sans les désormais sacro-saintes photos de groupe (et les élèves se prêtent de plus en plus au jeu !)

 

Le château de Cheverny

Après une nuit peu propice à l’endormissement (le fait d’être dans une chambre avec ses amis ne doit pas être pour rien dans l’insomnie qui gagnât certains de nos si chers élèves... au grand désarroi des professeurs qui bizarrement n’étaient pas aussi disposé à ne pas dormir), les élèves ont eu le plaisir de découvrir un troisième château : celui de Cheverny. Le château de Cheverny qui appartient à la famille Hurault depuis le XVIe siècle. Ce château vous dit quelque chose ? C’est normal, sa façade sud est celle qui a inspiré Hergé pour son célèbre château de Moulinsart dans Les Aventures de Tintin

 

A l’intérieur du château, les élèves ont découvert différents éléments d’époques parfois très reculées... comme ces bois d’un élan préhistorique qui mesuraient un peu plus de 2 mètres d’envergures ou encore les insignes de la famille Hurault, propriétaire (toujours actuellement) du château

Puis, dans la salle d’armes, tapisseries, armes et armures d’époque ont donné une petite idée de ce à quoi pouvait ressembler les scènes de batailles en ces temps reculés de fin du Moyen Âge.

 

Enfin, étant une "Renaissance", cette période renouait avec les thématiques de l’Antiquité et la culture gréco-romaine, comme nous l’a prouvé la Chambre du Roi qui, sur son plafonnier, narrait le mythe du célèbre héro grec Persée qui affronta, et tua l’affreuse Méduse, un monstre au regard pétrifiant et à la chevelure pleine de serpents.

 

Si d’aventure vous vous demandez pourquoi il y avait une chambre royale construite dans un château de seigneur (et non pas royal comme Amboise, Blois ou bientôt Chambord), c’est tout simplement dans le cas où le roi aurait fait l’immense honneur aux seigneurs de ce château de venir séjourner quelques nuitées. Et si la taille du lit vous impressionne (par sa petitesse dans sa longueur), sachez que là aussi, il y a une explication toute rationnelle... Les rois dormaient plutôt assis par peur de la mort (en effet, s’allonger symbolisait trop la position d’un corps mort, et pour éviter de s’attirer le mauvais oeil, dit-on, les rois préféraient adopter une posture qu’ils devaient certainement trouver plus vivifiante).

 

Les élèves de 5e1 ont eu la chance (ou peut être le déplaisir pour certains au vu de l’odeur...) d’assister au déjeuner de la meute de chiens. Cheverny étant toujours un grand domaine de chasse, une meute de plus de 130 français tricolores (nom de la race de ces chiens) marqués du V du propriétaire, est entretenue pour la chasse à courre. Le plus impressionnant dans cette histoire est que leur soigneur/dresseur connaissait le nom de chacune de ces si belles bêtes. Evidemment, le château de Cheverny est un très beau cadre pour... ... les selfies d’élèves ! ... et les photos de groupes !

Le château de Chambord

Notre visite des demeures royales du Val de Loire se termina par le plus célèbre des châteaux de la Loire, et à raison, le superbe et gigantesque château de Chambord.

Construit au milieu d’un territoire plutôt hostile (marécageux), au milieu de rien, dans des proportions démesurées, et une surcharge de clochetons, pinacles et autres éléments architecturaux, le château de Chambord était une construction "magnifiquement inutile" comme nous l’ont fait comprendre nos guides. Simple outil de communication royale, il avait pour objectif de montrer la puissance du roi François Ier capable de dompter la nature, et d’ériger la royauté dans une symbolique religieuse en reprenant les codes de l’architecture des églises, et en les trahissant au profit des symboles royaux.

Le tout a offert à nos élèves un magnifique château, quasi-vide, mais dont les petits détails recelaient de sens cachés qu’il fallait découvrir et comprendre... et évidemment, ce qui a beaucoup amusé, c’est aussi l’escalier à double vis qui donne l’illusion à deux personnes d’emprunter le même escalier, sans jamais se croiser !

Et c’est sur cette dernière magnifique visite que notre séjour en Val de Loire a pris fin.

Les professeurs accompagnateurs remercient énormément les élèves pour leur gentillesse, leur attention et leur bonne volonté durant ce court séjour, mais aussi et surtout les deux mamans d’élèves - Mme Souli et Mme Dahmani - qui ont eu la bonté d’âme de se mêler à cette expédition et dont la présence a été plus qu’appréciée par l’ensemble des enfants et des professeurs.

Un dernier mot également pour Mme Vaillant qui a pensé, et organisé de bout en bout ce très beau séjour, et sans qui, il n’aurait pas été aussi réussi. 


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